C’est parti pour le premier « Et si, … ? ».
Cette rubrique représente l’exposition de mes envies de mieux pour la société.
Il y a tellement de sujets, sur lesquels j’ai envie de rêver et d’y croire, qu’il a été difficile pour moi de choisir.
Il fallait bien se lancer alors j’ai décidé de vous emmener dans une première utopie.
Et si, on arrêtait de dire aux adolescentes, que le débarquement des premières règles fait d’elles des femmes ?
Et si, on cessait de faire croire aux adolescents, qu’avoir leur première relation sexuelle, faisait d’eux des hommes ?
En d’autres termes, et si on disait STOP à l’hypersexualisation de nos gamins ?!
J’ai tellement entendu, jeune, quand les plus braves partageaient l’arrivée de leur indisposition mensuelle, des « félicitations tu es une femme, tu n’es plus jeune fille ».
Et quand je partageais les confidences masculines, les copains s’arrosaient de « Ça y est tu l’as fait, tu es vrai homme, tu gères. ». Mais d’où viennent ces injonctions ?
On est bien d’accord qu’on parle de jeunes personnes ayant entre 11 et 16 ans en moyenne.
Je trouve que derrière ces glorifications de féminité et de masculinité, la société instaure très tôt déjà deux messages forts qui auront la vie dure. Ces mêmes messages sous-entendront des attentes et des comportements normés sans forcément avoir le temps de se définir simplement et profondément.
Message numéro 1 :
Mesdames, dès le plus jeune âge on vous pose la grosse responsabilité de votre capacité de reproduction. On vous définit une fois encore par votre corps et son utilité physiologique.
Une espèce de fatalité, de fardeau à gérer malgré une envie de juste être un être humain en construction.
Une conscientisation de la limitation de son identité à un corps inconfortable en pleine période de mutation ingérable.
Femme = un corps qui peut porter des bébés donc attention à bien le gérer pour ne pas en avoir sinon…
Message numéro 2 :
Messieurs, même si vous êtes mal à l’aise avec l’évolution de votre corps, on vous fait comprendre que pour vous construire une identité virile, du coup admirable, une partie de votre corps doit prendre possession de celui d’une femme.
Et tout cela sans manuel adapté.
Pénis dépucelé = puissante virilité.
Bon vous avez compris le fond de mon agacement de ces phrases « anodines », revenons à présent à mon utopie du jour.
J’imagine dans un monde parfait, qu’à la place de dire ces phrases, on puisse laisser les enfants, juste se développer à leur rythme avec leurs aspirations.
Que ces enfants puissent questionner leurs sexualités à leur rythme et sans attentes sociétales.
Et si, au lieu de les stresser ou de formater leur inconscient aux normes genrées, on les accompagnait avec bienveillance à accueillir leurs changements physiques, psychiques, hormonaux et sexuels ?
Et si, au lieu de mettre une pression monumentale sur les évolutions physiologiques féminine ou masculine, on essayait de détourner ces étapes malaisantes en temps d’accompagnement bienveillant ?
Et ben je me dis, que si on faisait ça, ces femmes enfants pourraient s’approprier leurs corps et son fonctionnement à leur rythme sans avoir à osciller entre l’image de la sainte ou de la catin.
Et que ces hommes enfants pourraient apprendre progressivement qu’être un homme est bien plus que d’utiliser son pénis.
Et si, on les accompagnait sous différentes formes, avec positivité, j’aime à croire qu’ils saisiraient qu’être une femme ou un homme est bien plus qu’un cadre physiologique hypersexualisé par l’extérieur.
Leurs psychés pourraient alors prendre le temps de définir leur moi en tant qu’être humain.
Oui, la sexualisation féminine et masculine peuvent faire partie du processus de construction identitaire mais créons des messages moins lourds de sens, moins culpabilisants, moins conformistes.
En résumé dans mon utopie, on arrête de dire des phrases pourries, et du coup on allège un peu la pression sociétale et à la place on développe une approche Pachamama où on relie nos féminités et masculinités au cycle de la Terre mère et à son amie la Lune.
On met en avant les choses chouettes et on réfléchit ensemble à des techniques pour appréhender et évoluer avec un pan de nos traits masculins ou féminin. Le temps de se roder à ces corps changeants.
Et en parallèle, on est présent pour les nouvelles générations pour partager nos loupés, nos frustrations et nos tollés et répondre à leurs véritables questions d’adultes en devenir.
C’est tout pour aujourd’hui !
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